24 août 2018 – Cologne – Strasbourg

Nous avons bien dormi dans notre petit parking en banlieue (lointaine) de Cologne. Nous avions à côté de nous deux ou trois camionnettes avec de beaux dessins de dragons et chevaliers. Un panneau en allemand (et la dégaine des occupants) nous faisaient penser à des druides ou des tatoueurs…

Nous quittons notre emplacement et nous dirigeons vers Cologne. Quelques dizaines de kilomètres nous séparent uniquement de Cologne, mais on a déjà droit à plusieurs tronçons en travaux.

Je dois faire ici une petite digression pour expliquer pourquoi Cologne : J’ai de la famille qui est originaire d’ici. Mon grand père (côté maternel) est né ici et y a vécu jusqu’à avant la seconde guerre mondiale. Puis il est parti et s’est installé en Israël en 1937, avant le début de la guerre. Ses parents ne l’ont pas accompagné car ils devaient s’occuper de la grand-mère qui était malade. Lorsque la grand-mère est décédée en 1941, la guerre était déjà bien démarrée, et il était trop tard pour fuir. Ils ont donc été déportés tous les deux. Mon grand-père est donc l’unique survivant de cette branche de la famille.

Pendant toute sa vie, il a été un grand passionné de généalogie. Il a d’abord commencé par dessiner son arbre généalogique sur papier, et il l’enrichissait au fur et à mesure des rencontres avec la famille. Puis vers la fin de sa vie il s’était même mis à l’informatique et l’avait porté en format numérique. Ma sœur a pris le relais pendant quelques années et a notamment pris une initiative géniale : transférer l’arbre généalogique sur un site collaboratif qui s’appelle « MyHeritage ». L’un des intérêts principaux est que chacun peut compléter sa branche de la famille de manière collaborative. Je m’y suis mis il y a quelques temps et y trouve de plus en plus d’intérêt.

Et c’est là que l’histoire ancienne et l’histoire récente se retrouvent. MyHeritage a établi des partenariats avec d’autres sites pour partager des documents et des informations. En particulier, un partenariat a été établi avec le site BillionGraves, où des particuliers parcourent les cimetières du monde entier, prennent des photos de chaque tombe, et retranscrivent les informations qui s’y trouvent dans un index disponible sur le site (ne me demandez pas quelle est leur motivation, mais en tout cas je les en remercie !). Et il se trouve que MyHeritage m’a proposé un « match » avec BillionGraves m’indiquant qu’une tombe portant les noms et prénoms de mes arrières-arrières grands-parents était présente dans le cimetière juif de Cologne. Le site (et l’appli qui va avec) propose donc l’adresse du cimetière (c’est cool), mais surtout les coordonnées GPS de la tombe. Et ça c’est vraiment chouette, parce que même si des membres de la famille ont déjà été visiter cette tombe (j’ai appris après coup que mon grand-père avait amené ma tante voir cette tombe), il est assez peu probable qu’ils savent me dire où elle se trouve dans le cimetière.

Bref, tout ça pour dire que notre première étape a été l’ancien cimetière juif de Cologne.

OK, c’est où ? Le cimetière est globalement en bon état (j’en ai vu des pires)

Super simple avec l’application BillionGraves !

même pas 2 minutes pour trouver la tombe !

Voilà, ça, c’est fait. C’est cool de retrouver ses ancêtres ! Donc ici c’est ma fameuse arrière-arrière grand-mère qui a résisté jusqu’au milieu de la seconde guerre mondiale pour partir.

Nous continuons ensuite jusqu’au centre de Cologne, où ma sœur ma transmis l’adresse où résidaient mes arrières-grands-parents (et où est né mon grand-père) avant d’être déportés.

On trouve facilement aussi. L’immeuble a probablement dû être bombardé pendant la seconde guerre mondiale parce qu’il y a un immeuble « moderne » (restons calmes – années 50 ou 60) à la place. Par contre, on trouve des plaques au sol.

Nous passons quelques minutes dans le quartier à imaginer ce que devait être la vie à cette époque terrible.

Puis nous allons nous restaurer dans une petite brasserie juste en face de l’appartement. Le serveur super sympa nous parle du quartier et de la vie à Cologne en général.

Enfin, nous quittons Cologne et descendons plein sud via les autoroutes allemandes. On a droit à une quinzaine de tronçons de travaux (quand même!), mais globalement ça roule mieux qu’hier. On a juste un seul ralentissement.

Vive la France !

On s’arrête rapidement pour faire quelques courses, puis nous arrivons dans la banlieue nord de Strasbourg. Nous sommes accueillis ce soir par Aurore, Jérémy, Cyrielle et Clément pour un apéro dînatoire histoire de bien finir le voyage. Pour ceux qui suivent, c’est aussi chez eux que nous sommes passés à l’aller lors de notre périple scandinave de 2015 – c’était à l’époque leur mariage. Les filles (Eden et Cyrielle) s’amusent ensemble pendant que les grands discutent de leurs vacances respectives (enfin, nous on n’a plus grand chose à raconter : Aurore et Jérémy sont de fervents lecteurs du blog. On a l’impression qu’ils en connaissent plus sur nos vacances que nous).

Nous quittons Aurore et Jérémy vers 23:30, et nous cherchons un emplacement pour la nuit. Celui proposé par Jérémy est fermé (route barrée). La deuxième tentative est également un échec (Park4night nous avait proposé le parking d’un terrain de foot, mais il y a manifestement un évènement là bas, le parking est rempli). La 3ème aussi (une impasse habitée – c’est pas le bon plan). Finalement nous nous arrêtons entre Pfulgriesheim et Lampertheim (sans déconner, les noms de villages alsaciens… LOL quoi) dans ce qui semble être un chantier. Il n’y aura pas de travaux demain, donc ça devrait le faire.

3 réponses

  1. Il y a encore pire : Souffelweyersheim, Breuschwickersheim, Schwindratzheim, Scharrachbergheim… non non c’est pas des blagues, ces villages existent vraiment!!

    Dommage pour l’emplacement sur la piste des Forts, ça aurait pu être chouette. Le chantier c’est moins sympa…

      1. C’est dire!!!

        A l’époque où j’apprenais à lire, j’étais toujours impressionnée de voir « Souffelweyersheim » sur les panneaux routiers (un vrai challenge!)

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