10 août 2018 – Idre – Røros

La nuit fut calme dans le camping d’Idre. Les emplacements sont suffisamment éloignés alors on n’a pas entendu les ronflements des voisins. D’ailleurs, à part la pluie qui est tombée dès le milieu de la nuit et qui n’a pas cessé depuis, on n’a pas entendu grand chose.

Ce matin, donc, on se réveille un peu plus tard que d’habitude (8h15 pour Eden – mais qu’est ce qu’il est arrivé à ton horloge biologique ?!). On attaque la journée avec le p’tit dej et douches pour les filles (moi j’en avais déjà profité hier soir).

Hier au supermarché, on a acheté un peu de fromage suédois. Il a l’avantage d’être bon, et de pouvoir servir d’arme en cas d’attaque (il pèse un bon kg le bestiau !).

Poupoussy part récupérer le linge qu’on a lavé hier. On a fait deux machines qui sont rentrées toutes les deux dans une armoire de séchage (espèce de penderie avec de l’air chaud soufflé). Hier soir on avait déjà lancé un cycle de séchage mais le linge était encore humide. Alors avant de se coucher on en a lancé un second. Ce matin, en allant vérifier, on s’est rendu compte que c’était toujours humide, alors on en a lancé un 3ème. Et avant de partir du camping on a récupéré nos affaires, et c’était toujours humide !

Le problème avec le linge humide, c’est que si tu le ranges comme ça, ça pue le rat mort.

Pas le choix, il faut qu’on l’accroche pour l’aérer au maximum.

Voilà donc la famille manouche en vacances 🙂

y’a même mon jean qui se réchauffe sur le tableau de bord 😀

Les gens qui nous voient passer doivent nous prendre pour des dingues… haha

Nous quittons notre camping vers 11h, sous la pluie. Au bout d’une petite heure nous arrivons à la frontière entre la Suède et la Norvège.

Adieu la Suède…

Bonjour la Norvège !

La route est un peu moins monotone que la veille, même si ça reste quand même très « forêt ».

Nous arrivons à Røros vers 14h, après avoir bien roulé. On trouve rapidement de quoi manger un morceau dans une cafétéria d’un centre commercial. Rien de très excitant (des sandwich), par contre le prix n’est effectivement plus le même qu’en Suède…

Il est un peu plus de 15h. On décide d’aller visiter la mine d’Olav. Elle se trouve à 12km au nord-est de Røros. On prend la bonne direction, mais en quittant Røros, il nous semble apercevoir un panneau qui indique que la route vers la mine est fermée, et qu’il y a une déviation. On continue car on se dit que la déviation va être indiquée. Une fois arrivés à l’endroit où on doit sortir de la route principale et tourner vers la route de la mine, on s’aperçoit que la route est fermée. On retrouve le même panneau, mais à la vitesse où on passe, on arrive juste à lire « follow the signs », donc on continue sur la route principale. Au bout d’une dizaine de km, ne voyant toujours aucun panneau, on fait machine arrière. Au niveau de la route qui partait vers la mine, on s’arrête cette fois, et on lit tout le panneau. En fait il est expliqué que la route est fermée, et qu’il faut passer par l’autre côté de Røros. On comprend qu’on vient de faire 20km pour rien, qu’il nous faut retourner à Røros (encore une dizaine de km), puis prendre l’autre route qui mène à la mine (18km). Tout va bien. Heureusement, la route est belle, et même sous la pluie, les paysages en valent la peine.

Nous arrivons à 16h30, et on se demande si ce ne sera pas fermé. Heureusement, la dernière visite guidée démarre à 17h, donc on est tout bon.

Il parait que dans la mine il fait 5°C. On s’habille donc en conséquence. Là Eden n’avait que son pantalon, et pas encore la veste 🙂

Le café qui jouxte l’entrée de la mine.

Nous pouvons voir l’exposition permanente en attendant 17h et le démarrage de la visite guidée.

Puis à 17h, notre guide nous réunit, nous équipe de casques de chantier, et c’est parti.

Alors quelques explications sur cette mine avant de démarrer:

  • Il y a en fait deux mines qui ont été exploitées ici : une première qui a été exploitée dans les années 1600 et quelques, pendant plusieurs décennies. Et puis une autre qui a été exploitée entre les années 30 et les années 70. Pour expliquer les 200 et quelques années d’arrêt de l’exploitation, en fait ce qui s’est passé, c’est que le filon de cuivre s’est brusquement arrêté, et les mineurs de l’époque n’avaient pas de technique pour retrouver. Alors ils ont fermé la mine. Puis dans les années 1930, avec de nouvelles techniques, ils l’ont retrouvé (15m plus bas que là où s’était arrêtée l’ancienne mine – dû à un affaissement du sol quelques millions d’années auparavant), et on repris l’exploitation.
  • La légende attribue la découverte de la mine (la première) à un malheureux renne poursuivi par un chasseur au nom d’Olssen (encore lui !). Grattant le sol avec fureur, c’est lui qui aurait découvert le filon. L’usine de cuivre de Røros ouvrait 2 ans plus tard, en 1644, et un décret royal lui assura le monopole de toute l’exploitation minière sur 40km².
  • Au top de l’exploitation (vers les années 1700 et quelques), la ville de Røros était plus développée qu’Oslo !
  • Les hommes travaillant à la mine descendaient dans la mine le lundi matin avec leur nourriture de la semaine pour ne remonter que le vendredi en début d’après-midi. Ils rentraient ensuite à pied au village pour aller rejoindre leurs femmes et enfants à la ferme. Le dimanche ils étaient OBLIGES d’aller à l’église. S’ils n’y allaient pas, leur nom était noté sur un carnet et ils étaient renvoyés !
  • En Norvège, le travail des enfants était illégal sauf pour trois régions dont celle de Røros. C’est notamment des garçons de 7 ans ou plus qui travaillaient ici pour séparer le cuivre des cailloux en surface. Les filles du même âge travaillaient à la ferme.
  • Pour extraire le cuivre dans la V1 de la mine, ils faisaient des feux au pied des parois afin de fragiliser la roche – elle devenait poreuse et ainsi plus facile à briser – et donc d’avancer plus rapidement (enfin, restons calmes : entre 0,5 et 1m par semaine). Cette technique, assez efficace en son temps, avait cependant un gros inconvénient : elle nécessitait des quantités incroyables de bois pour le feu. Ils ont dû arrêter de procéder ainsi car à un moment donné, il n’y avait plus un arbre dans un cercle de 40km autour de Røros.
  • Dans la V2 de la mine, ils utilisaient des explosifs.
  • L’exploitation du cuivre a cessé suite à la découverte du pétrole ainsi qu’à la décote de ce minéral. Le Roi de Norvège ne trouvait plus cela pertinent d’investir dans les mines de cuivre étant donné le potentiel lié au pétrole. La mine est ainsi devenue un musée, inauguré par le Roi en personne en 1979. Il faut néanmoins souligner que la mine a été laissée comme après une fin de journée habituelle. En effet, les mineurs étaient convaincus que le cours du cuivre allait remonter, et qu’ils pourraient reprendre le travail. Le musée est donc très fier de montrer une mine dans l’état exacte dans lequel elle a été laissée. rien n’a été modifié (sauf les aménagement de sécurité.
  • A l’apogée de l’usine de cuivre, plus de 3000 personnes travaillaient ici, donc environ 600 mineurs. A la fermeture de la mine V2, ce sont 70 personnes qui ont cessé leur travail.

On descend donc dans la mine V1.La couleur de la roche est très caractéristique.

La particularité ici c’est que même 300 ans après, si on met la main sur la paroi elle reste noire (cf. méthode utilisée avec le feu)

Par endroit le cuivre oxydé crée de véritables tableaux.

Puis on descend 15m plus bas, et là c’est la mine V2 avec ses rails, et ses machines.

Le réseau de transport était un étage en dessous du filon de cuivre. Il y avait des trappes par lesquelles le minerai extrait était jeté et il tombait directement dans des wagons qui étaient ensuite acheminés à la surface par des rails (en mode Indiana Jones)

Un vieux calendrier Pirelli dans la salle de repos des mineurs :D. Quand inauguré le musée, il parait que la salle de repos en était tapissée. Mais comme il y avait la visite du rois, ils ont été obligés d’en enleve

Une des salles où l’exploitation a été arrêtée. On voit encore l’échelle prête à servir en cas de reprise de l’activité

Très belle visite, explications claires et intéressantes. On recommande !

Nous quittons la mine vers 18h30 et faisons le chemin retour vers Røros.

Les derniers kilomètres sont en fait une piste (plutôt en bon état d’ailleurs).

Avant d’arriver à Røros on croise notre deuxième groupe de rennes 🙂

On arrive à Røros, on se gare tout près du centre et on entame une visite de la ville (restons calmes : de la localité).

Røros est l’une des villes toutes en bois les plus anciennes d’Europe. Elle a été fondée en 1644, avec la découverte de  mine de cuivre. Au fil du temps, Røros est devenue l’une des principales villes minières de Norvège.

Røros a conservé une grande partie de son caractère. Le plan des rues et les propriétés agricoles dans le centre de la ville sont restés comme dans les années 1600. En raison de son architecture en bois authentique et de son caractère unique de ville minière ancienne, Røros a été classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1980.

Aujourd’hui, la petite ville de Røros est comme un musée vivant. Tout le centre-ville, avec son architecture en bois authentique, est classé.

Une des deux rues principales de Røros. De magnifiques maisons colorées restées intactes.

pas mal de boutiques sont déjà fermées à cette heure ci. ça n’empêche pas Eden de vérifier ce qu’il y a sous la pancarte « soldes » de ces messieurs…

La balade est très sympa.

pas mal de galeries d’art ou d’artisans… Petite dédicace à Annick 🙂

un peu d’inspiration ? 🙂

L’église de Røros

Les maisons traditionnelles ont encore des toits en gazon (ça doit pas être pratique pour passer la tondeuse – à moins qu’ils envoient aussi le robot husqvarna). Il faudra qu’on revienne demain (Eden était un peu fatiguée), mais il semblerait qu’on puisse monter quelque part pour les voir d’en haut.

Encore un renne… décidément on est chanceux aujourd’hui !

juste à proximité des deux rues principales se trouve le musée de la mine de Røros. Il est composé de plusieurs bâtiments qui donnent l’impression d’être dans le far-west américain.

Nous retournons à la voiture vers 20h30, et on se met à chercher un emplacement pour la nuit. Park4night nous sera d’une grande aide puisque la première proposition sera la bonne. On s’arrête donc juste en face de la ville, au bord d’un minuscule lac, et à distance raisonnable de la route principale.

Il a plu presque toute la journée d’aujourd’hui (sauf au moment où on a visité Røros – ouf) . Les fringues ne sont pas toutes sèches et ça continue à ramouker un peu dans le camion (odeur de moisi). La température a bien chuté aussi (il fait environ 10°, et ça va tomber à 7° cette nuit). On se fait une p’tite soupe aux champignons pour nous réchauffer.

J’espère qu’il arrêtera de pleuvoir demain.

4 réponses

  1. Très colorés ces cailloux 😉😉.

    sympas les maisons.  Vous connaissez les mines de sel de Bex ? Il y a des wagonnets aussi.

    bonne route. A bientôt

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